Un par jour …

… depuis 83 jours.

Voilà 83 jours que je pleurniche fais le point sur mes séances ou pas de grattage et l’état de ma peau.

Je pensais continuer jusqu’à 100. Oui parce que comme toute bonne dermatillomane qui se respecte, j’aime quand c’est lisse, net, sans bavure : donc un chiffre rond, avec deux zéros, c’était juste … parfait, hein.

Mais finalement, comme dirait le psy :

halte à la perfection.

Je vais ralentir

faire le point une fois par semaine sur mes progrès

soyons optimiste, tant qu’à faire

ce sera bien assez

Et publier

par ci

par là

comme ça

tout simplement

D’ici là je vous laisse

avec un petit best of

vent du nord

regards regards

une maman qui assure (ou pas ?)

j’ai craqué

en me relisant

j’ai envie d’écrire moins

et surtout d’écrire mieux

de lire plus

un bon bouquin, le soir avant de dormir

et continuer à suivre

la courageuse pom27

ces mamans :

délirante (mais pas que)

nature

etc …

à très bientôt

vacances

Jour 83 : ralentir

Grattage : non

Humeur : posée

Un psy très bavard

Le lundi, c’est psy.

Deuxième rendez-vous.

Un par semaine pour commencer, qu’il a dit.

Il est chouette et son cabinet est agréable, lumineux, coloré, chaleureux, gai, décoré avec simplicité et poésie.

Depuis trois jours je réfléchissais à ce rendez-vous. Je suis arrivée avec des questions, des idées, des anecdotes …

Je ne suis pas encore assise qu’il commente déjà mon pas déterminé et cette porte fermée devant laquelle je me suis arrêtée quand j’ai tourné à gauche au lieu de tourner à droite.

Parfois … c’est bien d’hésiter, aussi … qu’il me dit.

Heu … je ne sais pas trop quoi répondre … j’en suis encore à me demander si je suis d’accord qu’il prend le fauteuil à côté du mien et s’y installe, face à moi, aussi près que l’aurait fait un ami. Ça me surprend, m’intimide un instant.

Ça ne vous dérange pas que je m’installe à côté de vous ?

N…non … c’est bien …

Il m’explique pourquoi la semaine dernière il était derrière son bureau, à prendre des notes sur son ordi. Premier rendez-vous … cerner la personne … bla bla bla …

Ou…i …c’est … c’est bien !

Il sourit. Il m’observe. Il me donne toute son attention.

Il est dos à la fenêtre et moi j’ai la lumière en plein visage. Je pense un instant à la tête que j’ai. (Toujours pas maquillée, avec du cicalfate sur mes égratignures, j’vous raconte pas le look de folie. Oui oui, je suis allée bosser comme ça ce matin.) Il sourit toujours. OK … je rassemble mes idées … je commence par ma question.

Il me renvoie la question, j’y réponds.

Il commente.

Je dévie de mon sujet.

Il pose encore des questions. Me parle de mon fils … il essaie de comprendre.

J’essaie d’être claire. Je repense à un truc que je voulais dire.

Il commente, raconte, parle

Je …

… bla bla bla

( OK OK compris ) … ah oui et …

… bla bla bla

( hé ! j’peux en placer une ? )

… bla bla bla

Et moi aussi … bla bla bla …

Et tout le temps que je parle, il me regarde, intensément. Il semble réfléchir à ce que je dis. Belle qualité d’écoute. C’est rare, même chez un psy.

On va s’arrêter là ?

Ah ? ( Déjà ?! )

Il a pas mal dirigé la discussion. Il a beaucoup parlé. Moi aussi. J’ai rien dit de ce que j’avais en tête en arrivant. C’était bien quand-même.

Sur le parking, je regarde ma montre : on a largement dépassé le temps. Il fait beau. Je me sens bien.

Jour 40 : bla bla bla

Grattage : nettoyé deux petits boutons infectés – pas de chasse aux microkystes ce soir

Humeur : pensive

 

 

Se faire aider

Je sors pour aller à mon RDV avec mon généraliste. En route, je jette un œil à mon visage dans le rétro. Aïe, ce miroir là est beaucoup moins sympa que celui de la salle de bains. J’arrive pile à l’heure ; la salle d’attente est vide. Je regarde le miroir et je m’assieds sans m’y regarder. Il y a un peu d’attente et après cinq minutes, le RDV suivant arrive. Une maman et deux petits garçons. Le plus jeune me sourit, secoue sa main en signe de salut : sayuh 🙂 … trop mignon, ce petit. Son grand frère me regarde … fixement … hésitant. Ah ben voilà que je fais peur aux enfants, maintenant … super ! Je lui souris gentiment ; il part jouer à la dinette. La maman s’est assise et sort son portable. Ah ces gens qui ont toujours le nez dans leur portable … Je finis quand-même par engager la conversation. Et très vite, c’est à moi d’entrer dans le cabinet. Je … je gratte mon visage. Je croyais que ma peau avait du mal à cicatriser parce qu’elle est abîmée. C’est en partie vrai, mais le dermato m’a expliqué que le problème vient essentiellement de ce que j’y touche. Il m’a dit : que ça suinte, ou pas …  vous n’y touchez pas ! Il m’a dit de me faire aider. Je raconte, j’explique. J’essaie d’être claire, synthétique. Je ne voulais pas abuser de son temps mais je parle plus d’une demi-heure. Mon généraliste envoie un mail à un psy . Il ne prend plus personne, sauf sur recommandation.

Le psy m’appelle dans l’après-midi. On trouve un créneau. Son agenda est bien rempli ; j’ai de la chance. Je le vois dans deux semaines. J’espère que d’ici là, j’aurai la figure un peu moins égratignée. J’ai hâte.

Jour 20 : merci docteur

Évolution de ma plaie : en train de guérir, ouf

En famille

Dimanche de Pâques en famille. Réveil matinal et départ rapide. Coup d’œil au miroir avant de partir : ma peau a l’air d’aller plutôt bien ce matin.

J’hésite à me maquiller. Ça fait un an que je ne cache plus l’état de ma peau à mes parents. Par contre … croiser près de chez mes parents, des voisins d’enfance … hum … Je mets un voile de poudre sur mes joues. Voilà, ça ira très bien.

Nous passons une journée agréable ; je ne pense pas plus que ça à ma peau.

Après avoir compris et admis que mon problème de peau était avant tout un problème de grattage ; je l’ai tout de suite dit à mes parents. Depuis un an, j’ai tellement galéré avec ma peau, j’avais fini par ne plus me cacher ; eux aussi étaient inquiets.

Cet après-midi ; je raconte, tout contente, comment une petite plaie qui suintait depuis dix jours avait guéri en trois après que j’aie arrêté de la toucher. Il me répond : t’as déjà essayé la bétadine, pour faire sécher ?

( Tout ! J’ai tout essayé … )

J’ai pas du tout envie de lui faire un cours sur la cicatrisation et la grande prudence avec laquelle il faut manier les antiseptiques. Je me dis qu’il n’a pas vraiment écouté ce que je viens de lui dire. Je n’ai pas du tout envie de polémiquer  : je change de sujet.

Retour à la maison en fin d’après-midi. Sous la poudre, je sens que ma peau ne respire pas complètement. Je me lave le visage tout de suite en rentrant. Et là … combien de temps ai-je passé au miroir ? Je ne sais pas, peut-être 10 minutes. Rien de méchant : j’ai ôté quelques petites peaux mortes en tirant dessus du bout des ongles. J’ai grattouillé quelques petits points blancs et puis stop ! Pas cherché à presser ni trituré quoi que ce soit.

Tout va bien. Je ne retourne plus dans la salle de bain de la soirée.

Milieu de soirée, pause pipi. J’ai pas regardé le miroir en entrant. Assise, la tête baissée, je me dis : faudrait que je ressorte sans me regarder dans le miroir. J’ai envie quand-même de vérifier. J’ai conscience que c’est pas une bonne idée. J’attends 30 secondes : OK … je regarde, mais surtout … je touche pas. Voyons voir … hmmmm … c’est quoi cette rougeur, là ? J’appuie légèrement dessus avec le dos de la main pour tester si c’est sensible à la pression. Oui, à peine. Holà ! Stop ! C’est rien du tout. Et ça le restera … à condition que j’arrête, et tout de suite, d’y toucher !

J’ai la solution : je sors mon petit flacon de lotion asséchante (cicalfate) et je dépose une petite goutte sur chaque rougeur ou petit bouton. J’appelle ça : opération marsu (marsupilami). On planque tout et on oublie ! Le lendemain au réveil, le voile blanc s’est effrité et a disparu aux trois quarts mais il vaut mieux ne faire ça que quand on ne bosse  pas le lendemain parce que s’il faut frotter après pour enlever les traces blanches … on n’a rien gagné.

Jour 4 : plutôt une bonne journée

Grattage : une fois 10 minutes

Dégâts : aucun

Progrès : j’ai réussi cette fois à ne pas presser ni triturer ma peau

Résolutions du jour pour demain : passer du temps avec les enfants, me coucher moins tard ( et toujours : fuir le miroir ! )

PS : je ne sais pas vous, mais chaque soir je me fais une liste longue comme le bras de trucs à faire le lendemain et au final … Et là, donc, parfaitement consciente du truc, je me disais: soyons réaliste et choisissons ce qui compte vraiment. Eh bien … c’est vraiment, mais vraiment … difficile de choisir.