J’ai encore gratté

Grrr … grrr comme gratter ! Bon … ça va … heu … enfin … je veux dire … j’ai juste gratté des petits trucs à gauche à droite. C’est pas genre la grosse crise, deux heures devant le miroir. En fait … si je comparais ce fléau à la boulimie … je pourrais dire : j’ai pas fait une crise de boulimie mais j’ai pas pu m’empêcher de grignoter à tous bouts de champ. Est-ce que le résultat est le même ? Non : une crise c’est bien plus dommageable et c’est certainement, aussi, l’expression d’un malêtre bien plus profond.

Ma croûte est toujours là, un peu plus petite mais pas question d’essayer de l’enlever. Voilà au moins une chose sur laquelle j’ai progressé : je laisse une plaie cicatriser sans y toucher. Si déjà j’arrive à ne plus jamais avoir de plaie infectée: ce sera déjà un sacré progrès pour moi et surtout un sacré gain en terme de qualité de vie. Parce que je peux vous dire que le jour où vous avez une plaie infectée et qui refuse de guérir alors même qu’on vous bourre d’antibiotiques … les considérations esthétiques … vous oubliez !

Je n’ai qu’une hâte, là : que ma plaie finisse gentiment de guérir pour qu’enfin je puisse me laver normalement, mettre la tête sous l’eau quand je prends ma douche. Parce qu’en attendant c’est : nettoyage minimaliste avec un coton humide en faisant attention à ne pas mouiller la croûte, puis douche en faisant attention à ne pas éclabousser le visage. Et les shampoings : la tête en-bas au-dessus de la baignoire … Et puis, le truc aussi, c’est qu’avec un nettoyage aussi minimaliste, ma peau devient grumeleuse et il y a des mini boutons qui se pointent en surface. Pas méchants … mais ce sont autant de tentations de grattage. Ah … dès que cette croûte sera tombée … un bon lavage pour assécher tous ces petits boutons et … des masques pour purifier en douceur 🙂

J’ai aussi compris un truc, dernièrement, en lisant les conseils de ceux qui disent  : j’allume pas la lumière dans la salle de bains. Oui, c’est très certainement ce qu’il faut faire. Et comment on fait quand on est obnubilée par l’envie d’aller vérifier sa peau ? Je sens qu’il va y avoir du boulot chez le psy.

Je suis intriguée aussi par le fait que certaines, dont je fais partie, ne se grattent que le visage alors que d’autres : tout sauf le visage. L’approche pour en sortir est-elle la même dans les deux cas ? Le dermato m’avait expliqué que certaines personnes se grattent tout le temps : devant la télé, en lisant, machinalement, sans y penser, voire même en dormant. Ce sont les cas les plus difficiles à guérir. Je ne touche jamais mon visage sans d’abord me laver les mains et le plus souvent c’est en sortant de la douche que je « passe » devant le miroir.

Je ne suis pas encore capable de ne plus toucher du tout à mon visage alors j’essaie de le toucher le moins possible, et surtout, je fais attention à ne plus blesser ma peau au point de me faire une nouvelle plaie. Plus jamais de plaie ! Plus jamais ! Ne plus jamais déraper ! Ça commence par un petit grattouillage et … ça peut finir en catastrophe. Je le sais !

Jour 25 : gratter oui, déraper non !

Grattage : comme hier, des petits grattouillages, par ci par là, plusieurs fois dans la journée mais jamais plus d’une minute

Dégâts : aucun

Humeur : sur mes gardes, la peur sera peut être mon meilleur garde fou

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En famille

Dimanche de Pâques en famille. Réveil matinal et départ rapide. Coup d’œil au miroir avant de partir : ma peau a l’air d’aller plutôt bien ce matin.

J’hésite à me maquiller. Ça fait un an que je ne cache plus l’état de ma peau à mes parents. Par contre … croiser près de chez mes parents, des voisins d’enfance … hum … Je mets un voile de poudre sur mes joues. Voilà, ça ira très bien.

Nous passons une journée agréable ; je ne pense pas plus que ça à ma peau.

Après avoir compris et admis que mon problème de peau était avant tout un problème de grattage ; je l’ai tout de suite dit à mes parents. Depuis un an, j’ai tellement galéré avec ma peau, j’avais fini par ne plus me cacher ; eux aussi étaient inquiets.

Cet après-midi ; je raconte, tout contente, comment une petite plaie qui suintait depuis dix jours avait guéri en trois après que j’aie arrêté de la toucher. Il me répond : t’as déjà essayé la bétadine, pour faire sécher ?

( Tout ! J’ai tout essayé … )

J’ai pas du tout envie de lui faire un cours sur la cicatrisation et la grande prudence avec laquelle il faut manier les antiseptiques. Je me dis qu’il n’a pas vraiment écouté ce que je viens de lui dire. Je n’ai pas du tout envie de polémiquer  : je change de sujet.

Retour à la maison en fin d’après-midi. Sous la poudre, je sens que ma peau ne respire pas complètement. Je me lave le visage tout de suite en rentrant. Et là … combien de temps ai-je passé au miroir ? Je ne sais pas, peut-être 10 minutes. Rien de méchant : j’ai ôté quelques petites peaux mortes en tirant dessus du bout des ongles. J’ai grattouillé quelques petits points blancs et puis stop ! Pas cherché à presser ni trituré quoi que ce soit.

Tout va bien. Je ne retourne plus dans la salle de bain de la soirée.

Milieu de soirée, pause pipi. J’ai pas regardé le miroir en entrant. Assise, la tête baissée, je me dis : faudrait que je ressorte sans me regarder dans le miroir. J’ai envie quand-même de vérifier. J’ai conscience que c’est pas une bonne idée. J’attends 30 secondes : OK … je regarde, mais surtout … je touche pas. Voyons voir … hmmmm … c’est quoi cette rougeur, là ? J’appuie légèrement dessus avec le dos de la main pour tester si c’est sensible à la pression. Oui, à peine. Holà ! Stop ! C’est rien du tout. Et ça le restera … à condition que j’arrête, et tout de suite, d’y toucher !

J’ai la solution : je sors mon petit flacon de lotion asséchante (cicalfate) et je dépose une petite goutte sur chaque rougeur ou petit bouton. J’appelle ça : opération marsu (marsupilami). On planque tout et on oublie ! Le lendemain au réveil, le voile blanc s’est effrité et a disparu aux trois quarts mais il vaut mieux ne faire ça que quand on ne bosse  pas le lendemain parce que s’il faut frotter après pour enlever les traces blanches … on n’a rien gagné.

Jour 4 : plutôt une bonne journée

Grattage : une fois 10 minutes

Dégâts : aucun

Progrès : j’ai réussi cette fois à ne pas presser ni triturer ma peau

Résolutions du jour pour demain : passer du temps avec les enfants, me coucher moins tard ( et toujours : fuir le miroir ! )

PS : je ne sais pas vous, mais chaque soir je me fais une liste longue comme le bras de trucs à faire le lendemain et au final … Et là, donc, parfaitement consciente du truc, je me disais: soyons réaliste et choisissons ce qui compte vraiment. Eh bien … c’est vraiment, mais vraiment … difficile de choisir.