Nulle

J’avais un petit bouton, juste là sous ma cicatrice. Je sais pas ce qui m’a pris ce matin : j’ai pressé, gratté, torturé … après ça suintait … et plus ça suintait, plus j’allais au miroir … et plus j’allais au miroir, plus j’y touchais. J’avais l’impression de devenir folle, je tremblais.

J’avais envie de pleurer … même pas. J’ai eu envie de me taper la tête contre les murs … pas encore assez folle pour ça.

Je me sens si nulle … et stupide !

OK … j’ai des soucis. Qui n’en a pas ? Alors ils ont raison, tous ceux qui ont un jour dit que j’étais … fragile ? Fragile moi ? Moi la fille volontaire, obstinée, courageuse …

J’ai fini par appliquer une compresse de biseptine et m’allonger sur le canapé, complètement dégoûtée. Je me suis endormie, épuisée.

Mon homme est fâché ; il en a marre, il m’en veut. Je ne lui en veux pas. Je lui avais promis tellement fort que je ne ferai plus jamais de connerie avec ma peau.

Au final, j’ai la peau égratignée sur une surface de la taille d’une pièce de un euro. La peau paraît comme brulée. La bonne nouvelle, c’est que ça ne suinte plus. C’est fou, cette obstination que j’ai à toujours vouloir rester positive même quand ça va mal.

Demain, j’ai RDV pour mon massage détente que je m’étais promis depuis longtemps. Pas question d’annuler. J’irai comme je suis, avec un gros sparadrap.

Je pars dormir en priant que je ne me réveille pas avec une plaie infectée. Si par bonheur, demain c’est toujours sec et pas en train de tourner au cauchemar : je n’y touche plus.

Jour 15 : grosse crise

Grattage : j’ai pas compté …

Dégâts : une plaie bien moche et le moral au plus bas