J’ai craqué

Ça faisait près d’un mois que je tenais bon

et ça progressait

lentement

mais sûrement

Environ une fois par jour

je lui disais

allez quoi

Et moi j’étais

tantôt

gentille

agacée

énervée

résignée

Et j’ai tout essayé

la récompense

la punition

la menace

l’indifférence

Rien à faire

ça lui était égal

il réagissait pas

il entendait pas

il avait toujours mieux à faire

J’ai aussi essayé

le sermon

les métaphores

montrer l’exemple

Et pourquoi pas

moi aussi

comme lui

m’en fiche

mais en fait non

on se refait pas

Bref, j’ai craqué

ce soir

c’est moi

qui ai mis un genou à terre

C’est moi qui l’ai fait

oui

moi

j’ai rangé la chambre de mon fils

Et vous savez quoi ?

ça m’a fait du bien

je devrais peut être lui expliquer

à mon fils

tu sais

ça fait toujours du bien, de ranger

je crois qu’il comprendrait pas

ou alors qu’il me répondrait

ça fait toujours du bien, de laisser tout en plan

C’est pas faux

planer

Jour 80 : ranger un peu

Grattage : non

Évolution : +++

Humeur : optimiste

P.S . quand je vous dis

que j’ai tenu un mois

c’est pas une blague

j’ai vraiment tenu un mois à voir la chambre de mon petit garçon illustrer la merveilleuse loi de l’entropie. L’étagère qui semblait vouloir vomir son bric à brac. Des feutres éparpillés jusque sous le lit, certains sans capuchon. Des dessins étalés de partout, parfois froissés parce qu’il était devenu impossible de rentrer dans la chambre sans trébucher sur un jouet ou piétiner un de ses chefs d’œuvre. Mon fils est un artiste.

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Petits plaisirs

Mon journal a 72 jours. J’ai décidé d’écrire tous les jours et pour l’instant je m’y tiens. Je regardais, hier soir, la liste de mes articles. Impressionnée par tout ce que j’ai écrit, impressionnée de voir comme le temps file. Et je me rends compte que je ne sais parfois plus trop quoi écrire. C’est pas que j’ai fait le tour de la question mais bon il y a des jours qui se suivent et parfois se ressemblent, des jours où j’ai pas grand chose de nouveau à raconter concernant ma dermatillomanie. Et franchement je ne me vois pas décrire cm² par cm² l’état de ma peau ni seconde par seconde mes affres face au miroir.

Et puis … est-ce que guérir … ça ne serait pas … aussi … l’oublier un peu … cette maladie ?

Ce soir donc, j’inaugure une nouvelle catégorie : petits plaisirs.

Je sais, c’est rien de nouveau, rien d’original, c’est le truc dans la veine de trois kifs par jour (même pas lu mais j’aime bien l’idée : en gros ; identifier nos moments de bonheur nous fait du bien). Et même, j’avoue j’ai piqué l’idée à cette maman blogueuse. J’ai visité son blog découvert en cliquant sur son like dans mon article d’hier.

Tout ça pour dire que -pourquoi pas- chaque vendredi, pour bien commencer le week-end, repenser à un ou quelques petits bonheurs de la semaine.

Ben … rien d’extraordinaire cette semaine. Enfin si : une colère extraordinaire, hier. Mais c’est fini et aujourd’hui, complètement hors sujet. Donc …

Facile ! La fête des mères, dimanche dernier ! Une bricole et … un petit mot.

cadeau fête des mèresmot d'amour maman

Moi, sous un rayon de soleil, ce parfum enivrant plein le nez, du pollen et des fleurettes plein les cheveux, en train de récolter de jolies fleurs de sureau.

Me sentir belle dans ce petit débardeur qui dévoile mes épaules de sportive … qui ne fait plus de sport depuis un an mais qui trompe son monde en poussant le caddy baskets runing aux pieds.

Et vous : c’est quoi votre petit bonheur de la semaine ?

Jour 72 : positive attitude

Grattage : non

Humeur : détendue

Folle ?

je suis une maman

deux enfants

adorables

adorés

le plus jeune

câlin – espiègle – généreux

l’aîné

sensible – torturé – difficile

16 heures

retour des enfants

le plus jeune prend un gros goûter

n’a pas de devoir

demande à jouer sur le portable

c’est non

l’aîné

a trainé 10 minutes avant de rentrer

ne répond pas quand on lui propose de venir goûter

monte sans un mot dans sa chambre

16 heures 30 – le grand demande

je peux sortir ?

tu veux aller où ?

je peux sortir ?

dis moi où tu vas !

je peux sortir ?

non ! je veux que tu me dises où tu vas !

la porte d’entrée claque

soupir

je l’entends qui fait de la trottinette autour de la maison

sourire

plus rien

je regarde dehors

il est parti

agacement

et le petit qui commence à négocier

si je te lis un livre, je pourrai avoir le portable ?

heu … mouais …

fin de la lecture

j’ai changé d’avis

ça suffit les écrans ! pas tous les jours !

pas content le petit

ta chambre est rangée au moins ?

oui !

vraiment ?

je monte voir

mouais … c’est un peu moins pire qu’hier, en effet

je veux que tu fasses un exercice d’écriture !

j’ai déjà écrit plein de trucs à l’école !

oui mais t’as jamais de devoirs et ton écriture est catastrophique !

non c’est pas vrai !

on fait un petit exo !

17h30 – le grand n’est toujours pas rentré

je propose à son petit frère d’aller le chercher

ça nous fera une balade

il est ravi de partir en balade avec moi

on sort

et qui voilà ? le grand qui revient, suivi d’un copain

le copain a fait ses devoirs

mon grand non

rentre maintenant, il faut faire les devoirs

non, je reste encore dehors !

non, tu rentres !

et le petit frère qui veut sa balade, maintenant

zut zut et zut

bon OK

je laisse le grand repartir

et je suis le petit frère qui est parti sans m’attendre

hé ! reviens ! on va pas par là !

trop tard, il est parti comme une flèche

j’en ai marre

je vois au loin le grand frère qui part en direction de la route principale

là s’en est trop

je dis au petit frère de m’attendre et je fonce rattraper le grand

je l’appelle

il m’ignore et continue

je le rattrape et le bloque

fâchée

je lui dis de rentrer

tout

de

suite !

on rentre

le grand suit derrière, de loin

18h15 – retour à la maison

je suis fâchée

je sermonne

je gronde

il répond – résiste

c’est l’heure de manger

rien n’est prêt

les devoirs ne sont pas faits

viens faire tes devoirs !

arrête de crier !

tu te dépêches et puis c’est tout !

non !

…….

je l’attrape

je le tiens face à moi

et je crie

et il répond

tu t’excuses !

il me regarde avec défiance

excuse toi !

je craque

je lui mets des tapes

je hurle

je lui dis toute la rancœur que j’ai

pour toutes les fois où

il a désobéi

pas répondu

embêté son frère

m’a manqué de respect

une demi-heure de colère et de reproches

et de mots malheureux aussi

j’entends même pas le papa qui rentre

il était temps

je lui dis : ça se passe mal

je lui raconte tout

je me calme

le calme revient

on fait les devoirs

on mange

j’explique à mon fils

non pas que je regrette

mais que je suis triste

l’amour n’empêche pas la guerre

la guerre – ça fait mal

et plus mal encore quand c’est avec quelqu’un qu’on aime

fort

je le prends dans mes bras

longtemps

il accepte ce câlin

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Jour 71 : tempête dans le coeur d’une maman

Grattage : gratté quelques petites croûtes – 5 minutes

Peau : moyen

Plaie : elle résiste mais je désespère pas

Humeur : mélancolique

Crise ?

Hier soir déjà, je m’étais penchée un peu trop près sur ma peau. Et ce tout petit truc, là, que j’avais commencé à triturer … bingo : une croûte. Et moi ce matin … je fais quoi ? Je gratte la croûte … et voilà que ça suinte … lamentable.

Et maintenant, tu vas faire quoi ? Aller au boulot avec encore une marque de plus ? Ben … ouais. Ah galère …

Ma collègue me regarde.

Je suis mal à l’aise.

Ça va ?

Heu .. oui. (Je crois bien que j’ai fait non avec la tête)

Qu’est-ce qui t’arrive ?

Hem … je ne me maquille plus ! J’ai tellement souffert, avec cette plaie … C’est comme ça que ça a commencé … en essayant de maquiller un bouton. Voilà… ma peau est comme elle est. Je dois la laisser respirer si je veux qu’elle s’améliore.

Tu as raison. C’est un grand pas que tu as franchi là.

Elle est chouette, cette collègue. Ça m’a fait du bien de pouvoir lui expliquer ma démarche.

Ce qui est chouette aussi, c’est que depuis que je ne mets plus de maquillage (et pourtant, c’était juste de la poudre … bio … de chez Zao) … quel confort ! Fini les démangeaisons, fini le soir de courir me démaquiller parce que j’ai l’impression d’étouffer. Et ma peau cicatrise encore plus vite. Et la peau autour de la cicatrice semble plus belle, moins enflammée. Que du positif.

Sauf que …

sauf que ce soir … comme hier soir … j’ai de nouveau scruté mon visage. Je ne supporte pas le moindre petit relief, la moindre ombre de bouton, ou de micro kyste. J’ai pas pu résister : j’en ai grattouillé … quatre … cinq ? Je ne me suis pas acharnée. Mais j’ai bel et bien agressé ma peau. C’est pas possible ! Mais pourquoi je fais ça ? Qu’est-ce qui ne tourne pas rond ?

Au boulot … ça va plutôt bien.

Mon homme … il est plutôt chouette. Un peu grognon parfois, genre ours mal léché. Mais bon … gentil quand-même, le grizzli. Souvent, il me saute dessus et chaque fois, je me demande : comment peut il encore avoir envie de me sauter dessus avec la tête que j’ai ? Parce que moi, là : j’ai pas envie … moi … qu’il me saute dessus.

Je me pose une question … dérangeante.

J’ai pas envie qu’il me saute dessus … parce que je suis toute égratignée ?

Ou …

Je suis toute égratignée parce que … ?

Franchement … je ne sais pas. J’espère que le psy pourra m’aider à comprendre qu’est-ce qui cloche.

Et les enfants ? Épuisants … enfin … épuisant : l’aîné. On a du mal avec lui depuis la crèche. Dix ans qu’on se bat au quotidien avec un enfant « difficile ».

Sa maîtresse, sa gentille maîtresse s’inquiète pour son entrée au collège. Nous aussi, on s’inquiète.

La directrice du périscolaire a cru judicieux de justifier son incapacité à le gérer d’expliquer son comportement à ses petits copains en leur faisant un cours sur l’autisme ! Ben voyons ! Rien que ça. Et depuis, c’est pire ! Bravo ! Même à la maison, ça ne va plus. Pauvre gamin.

Cher enfant … je t’aime … tu es juste … magnifique, fort, en pleine santé, intelligent, sensible, gentil … et … tellement fragile. Angoissé, un peu rigide, très peu de copains … attaché à tes doudous … tes habitudes … tes petits trésors. Tu grandis, à ton rythme : et alors ?

Cher enfant … ta maman est fatiguée.

Fatiguée parce que pendant des mois, elle s’est traînée avec une vilaine plaie.

Fatiguée aussi parce que chaque jour, il faut se battre pour des choses qui devraient aller de soi : t’habiller, te laver, venir à table, répondre, faire tes devoirs, te brosser les dents, te coucher … Dit comme ça, ça n’a l’air de rien. Et je me suis souvent dit : j’ai deux beaux enfants en pleine santé et … et j’ose me plaindre de quelque chose ?!

C’est de me battre qui m’use. Quand la force et les cris prennent le pas sur la patience. Quand l’exaspération l’emporte sur la compréhension. Là où je ne voudrais qu’amour et douceur … il y a parfois la guerre. Ça … je ne le supporte pas. Et ta résistance, dans ces moments là, est à la hauteur de notre détresse.

Hier soir, j’ai crié ma rage, pleuré mon ras le bol. Et ce soir … toi … tu as été le plus adorable des petits bonhommes.

Jour 36 : qu’est-ce qui cloche ?

Grattage : une demi-heure au moins …

Humeur : pensive

Maman quand est-ce que t’auras plus de bobos ?

Pom27 (auteure du blog Peauwer : Journal intime d’une dermatillomaniac) m’a posé cette question aujourd’hui : est-ce que mes enfants savent ce que je fais dans la salle de bains ? Est-ce qu’ils remarquent mes plaies ?

Mes enfants m’ont toujours connue avec mes « bobos » . Il y a eu des hauts et des bas. Après la naissance de mon premier enfant, j’ai eu une peau presque nickel pendant un an environ. Maman n’est pas toujours restée à la maison pendant que les enfants allaient à la piscine avec papa. Oui, bien sûr qu’ils les voient.

Maman, pourquoi t’as des bobos ? Maman, quand est-ce que tu viendras avec nous à la piscine ? C’est moche, tes bobos … Maman ; quand-est ce que je pourrai inviter mes copains à la maison ? Maman ; quand-est ce que t’auras plus de bobos ?

J’ai des bobos parce que quand j’étais plus jeune, j’ai mangé plein de trucs pollués. J’ai des bobos parce que je suis stressée. Bon … c’est moche sur ma figure … mais c’est pas une maladie grave, c’est juste … embêtant.

Maman ! Sors de ta salle de bains maintenant ! Maman … tu viens jouer ? … tu viens lire une histoire ? … tu montes faire un câlin ? Ah, les câlins. Je les ai souvent serrés, fort, longtemps, tendrement, mes enfants. J’embrassais leur petites joues toutes douces. Je crois bien que, souvent, le soir avant d’aller dormir et que j’allais les voir, après être passée au miroir … je venais m’accrocher à eux, respirer leur innocence.

Je sors de pas loin d’une année avec une galère pas possible : une plaie après l’autre, moches, longues à cicatriser, et pour finir une plaie qui ne guérissait pas. L’enfer … j’en ai pleuré … de désespoir, d’épuisement. Je faisais face au quotidien : le boulot, la maison, les tâches ménagères, les enfants. J’étais toujours la petite maman douce et câline, toujours le brave petit soldat consciencieux au boulot, un peu moins la compagne enjouée. J’essayais de continuer à rire, jouer, sortir prendre l’air quand-même. Et régulièrement, je craquais : j’en peux pluuuuuuuuus !

J’ai encore des bobos parce que je gratte encore un peu trop mes petits boutons mais rien à voir avec l’enfer que je viens de traverser. Je vais mieux, bien mieux ! Je compte bien ne plus jamais revivre ça et aussi … je compte bien finir par faire la paix avec ma peau.

J’ai deux garçons, je n’ai pas trop peur des les voir un jour m’imiter. Mais j’ai envie d’être pour eux une jolie maman, une maman gaie, disponible, énergique … bien dans sa peau.

Je leur ai expliqué, un peu, que je gratte ma figure quand je suis énervée. Je leur ai dit, aussi que j’allais prendre soin de moi, arrêter. Quand je suis allée me faire masser, je leur ai dit : Hé ! Vous savez quoi ?! Je vais me payer un massage ! Ça va me faire du bien, je vais revenir détendue, en forme. Cette fois c’est de moi que je m’occupe ! A tout à l’heure ! Bisouuuuuuuuuuus !

Il y a quelques jours , fâchée, énervée parce qu’ils nous en faisaient voir de toutes les couleurs, j’ai hurlé : vous allez arrêter ! Et oui, je crie ! Et non, je ne vais pas me gratter la figure parce que je suis énervée ! Non ! Je ne vais pas gratter ma figure !

Ouais ben … j’ai gratté quand-même … quelques jours plus tard. Gratter moins souvent, moins longtemps, moins fort … Arrêter … je veux arrêter … je vais arrêter.

Les marques des boutons que j’ai grattés il y a deux jours continuent de s’estomper. Encore quelques boutons qui m’embêtent sur le menton. Celui qui était planqué en profondeur est monté en surface, accompagné de petits frères. Grrrr … heu … oui, je les ai grattouillés, un peu, sans m’acharner. Je n’ai plus mis de biseptine sur ma peau, ce soir. Juste quelques gouttes d’huile essentielle de lavande, sur le menton.

Jour 28 : mercredi … soleil … dehors les enfants !

Grattage : 10 minutes … sur le menton … m’énervent ces boutons

Humeur : confiante

Un dimanche heureux

La vie est tout de suite plus belle quand le ciel est bleu. Mon homme m’a laissé dormir. Il ne fait pas non plus de commentaire sur l’heure qu’il est et j’entends les enfants qui jouent. J’ai encore dans la tête de biens étranges rêves faits dans la matinée, des rêves un peu torturés mais plein de couleurs et incroyablement lumineux. Miroir ? Ma plaie a à peu près la même tête qu’il y a deux jours. Cette fois j’ai dormi sans la couvrir et je crois que c’est mieux. Je compte bien ne pas y toucher, cette fois, à cette satanée croûte.

Je prépare un thé et j’attrape un enfant pour le manger câliner. Je descends vider la machine. Je suspends une partie du linge sur la terrasse. J’adore ça, suspendre du linge propre dehors. C’est beau, c’est frais et ça sent bon. Mon thé est prêt, je le savoure avec un carré de chocolat. Tout est calme dans la maison. Je me trouve un coin de parquet baigné de soleil et je m’y allonge avec « Un océan d’amour » . Je plonge très vite dans l’album, magnifique à tous points de vue. Dans mon dos, je sens la chaleur du soleil qui me pénètre jusqu’aux os. Oublier la plaie, porter mon attention ailleurs, à tous prix.

Papa geek finit par s’inquiéter du silence. T’es où ?! Non … je ne suis pas dans la salle de bains, en train de martyriser ma croûte. Occupe toi du repas ; moi, je ne peux pas ! Cela fait près d’une semaine qu’il scotche devant les ordis, à régler des problèmes de mise à jour et régulièrement il me lance des : j’peux pas ! C’est bon j’y vais : accompagnée d’un mouflet qui veut absolument éplucher les oignons.

Mes trois hommes engouffrent chacun une montagne de spaghettis bolognaise et moi … ben moi, désespérée par mes problèmes de peau … j’ai tout essayé … tout arrêté : le sucre, le lait, le gluten, la viande aussi mais ça c’est pour d’autres raisons. J’ai tout arrêté … sauf de gratter mes boutons … Ça, ça l’a fait sourire, le dermato. Donc, les repas … je ne sais pas toujours quoi manger ou disons plutôt que j’ai parfois souvent la flemme de me préparer un vrai repas. J’ai tout ce qu’il faut dans les placards : du riz complet, de la farine de pois chiches (pour des crêpes, super simples et super bonnes), des châtaignes, des noix, du quinoa, des épices … largement de quoi manger équilibré, et  à ma faim. Mais bon, là, j’ai préféré retourner faire le chat, sur mon coin de parquet ensoleillé. Donc, après avoir mangé les légumes ; j’ai encore faim, forcément. J’hésite, parce que c’est pas terrible, et je finis quand-même par me faire un bol de pétales de maïs avec du lait de soja. Mon petit garçon me regarde : et si je mangeais un bol de corn flakes, moi aussi ? Toi ? Regarde, t’as plus faim : t’as pas fini ta bolo … et … et c’est quoi toute cette viande, là ?

On profite de cette belle météo pour aller faire un grand tour de vélo. On y va cool, on se laisse porter. C’est calme, les enfants sont heureux. C’est tout ce dont j’ai besoin : du calme, des enfants heureux. On s’arrête au parc avant de rentrer. Il y a un monde fou. J’hésite un peu … avec la tête que j’ai. Et puis on s’installe sur un banc. Les enfants partent se défouler. J’observe les gens. Encore un truc que j’adore : observer les gens, essayer de les deviner. Je vois un jeune papa, plutôt beau gosse et qui n’a pourtant pas l’air de savoir quoi faire de son grand corps, là , au milieu de tous ces bambins. Je me dis que parmi cette foule, c’est moi qui devrait être mal à l’aise. Et pourtant non.

Jour 18 : ciel bleu

Évolution : un peu moins pire ?

Grattage : 10 minutes, le soir, à me défouler sur d’inoffensifs et  minuscules boutons.