Y a quoi sous la peau ?

Le lundi … c’est psy ! Séance très dense avec plein d’idées intéressantes. Je suis convaincue que la dermatillomanie, mais aussi l’acné, et certainement bien d’autres maladies de peau ont une importante composante psychologique.

Aujourd’hui, j’avais envie de parler de la mort.

Parce que mon fils m’en parle un peu trop souvent à mon goût.

Parce que moi aussi … la mort … notre mortalité m’a préoccupée depuis toute petite.

La mort … la vie … le cycle de la vie.

Devenir parent c’est accepter ce cycle, accepter notre mortalité, l’idée de notre propre mort.

J’ai abordé le sujet de façon un peu taquine : il fait moins chaud que ce que je pensais, dans votre salle d’attente … c’est climatisé ?

Le psy n’a rien vu venir ; il me répond : non, je peux climatiser ici mais en ce moment ça n’est pas encore nécessaire.

Non non ( en effet, c’est pas encore la canicule ). Parce que la semaine dernière … il faisait un peu lourd en salle d’attente et j’ai voulu aérer …

Vous devinez la suite ? Non ? Et si je vous dis que le cabinet est au quatrième étage …

… oui :  les fenêtres … elles sont fermées à clef

Bref, donc le sujet était lancé.

J’avais peut-être envie, aussi, qu’il me pose la question : et vous ? Vous avez déjà pensé au suicide ?

Oui … mais pas sérieusement, hein ? Juste une façon de dire : j’en ai marre, j’en peux plus.

Ah ouais ?

Hum … ( z’inquiétez pas, je sauterai pas par votre fenêtre )

Votre peau … ça a commencé à la naissance de votre premier enfant … c’est ça ?

Non ! Au contraire ! J’ai eu une peau super pendant au moins un an après sa naissance.

Enfin, je vous refais pas toute la discussion, ce serait trop long. Mais en sortant du cabinet, il y a un truc qui a fait tilt. Je me souviens. J’ai allaité mon premier enfant pendant un an et demi. Il s’est sevré tout seul quand je suis tombée enceinte du deuxième. Et à l’époque j’avais dit : c’est comme un deuxième accouchement, d’arrêter d’allaiter mon enfant.

Oui, parce que, OK il est sorti de mon corps, le jour de sa naissance. Mais après, tout le temps qu’a duré l’allaitement … je l’ai eu beaucoup, beaucoup dans les bras. Mon corps a continué de le nourrir. Le lien était fort. D’une certaine façon, il faisait encore partie de moi. Et finalement, il ne s’est réellement détaché de moi qu’au moment du sevrage.

Et si c’était ça, dont j’ai tant de mal à « accoucher ». Passer le relais à un autre être vivant. Accepter le difficile statut d’être mortel.

A part ça, le psy a lancé pas mal d’idées intéressantes.

Ce visage que j’abîme … serait-ce un masque … pour me cacher ? Cette peau que je tanne … une cuirasse pour me protéger ?

Je lui ai dit que je grattais pour sortir ce qu’il y a dessous.

Ah oui ? Et il y a quoi, sous la peau ?

Des muscles.

Et sous les muscles ?

Des organes vitaux.

Oui … et après un squelette et ensuite plus rien. Vous savez, c’est comme un oignon. On enlève une couche, puis une autre, et encore … et à la fin il ne reste rien. Est-ce que vous grattez pour disparaître ?

(  Comme une anorexique qui perd des kilos jusqu’à disparaître, parfois … )

Je lui explique, aussi, que je sens confusément au fond de moi que le jour où je n’aurai … n’aurais … oh j’ai du mal à le dire au futur … plus d’imperfection … que je n’aurai plus de raison d’aller gratter ma peau … d’une certaine façon … ça me manquera. J’ai vécu avec ça pendant si longtemps. Sans … il y aurait comme un vide.

Là encore il m’a dit un truc super intéressant. C’est ça qui est terrible avec les addictions. Souvent, l’origine du comportement a disparu mais le comportement reste.

A la fin, il me dit qu’il faut arrêter de chercher ( gratter ? ) à l’intérieur. Votre vie est à l’extérieur ! ( Sortez de cette prison que vous vous faites en abîmant votre peau )

En sortant, je me suis sentie … légère … légère … légère !

Pffffiou … j’ai deux semaines pour digérer tout ça : lundi prochain est férié.

Jour 47 : questions existentielles

Grattage : non

Évolution : ça continue de travailler sous la croûte ( détersion, pas d’infection ) – surface moindre, ça guérit par les bords

Humeur : posée – en paix avec moi même

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