M’enfoutisme

Je me traîne avec une croûte sur la figure depuis … pfffff … je compte même plus les jours. Là, ça fait trois jours que la croûte tient sans cloquer, suinter … tout ce que vous voulez pas. Et … oui … elle est belle ma croûte. Pas rose pâle, ni beige clair discret : non , une croûte bien franche, bien visible. Un belle croûte quoi ! Les connaisseurs comprendront. Sérieusement … j’espère ne plus la voir tomber jusqu’à complète cicatrisation cette fois.

Pour le reste ça allait pas si mal mais bon à force de pas pouvoir correctement me laver le visage j’ai de nouveau des boutons sur les joues. Galère.

J’ai décidé de pas y prêter attention. J’arrête pas de me répéter : j’m’en fous … j’m’en fous … j’men fous. J’ai mal nulle part, ça démange de façon très raisonnable ( un petit grattouilli pendant quelques minutes toutes les deux heures et puis ça passe ). Ce soir, après le boulot, pendant le trajet, ça m’a démangé plus fort, plus longtemps. Rentrée … fatiguée … j’ai bien failli craquer … aller voir ce qui se passe … là-dessous

Mais non ! Non non et non ! J’ai tenu trois jours … c’est pas le moment de flancher. J’y ai pas touché. Victoire ! Et les démangeaisons ont fini par disparaître. Bonheur.

Ma peau est pas belle ?

OK … pour l’instant … c’est pas le problème.

Je veux juste une peau sans plaie

une peau fermée

forte.

Tête pas possible

surtout continuer d’avancer

respirer le parfum des fleurs

sentir la caresse d’un rayon de soleil

croiser des regards

échanger des regards

exister

refuser d’être transparente.

Et merde à ceux que ça dérange.

belle avec des tâches

Jour 69 : m’enfoutisme

Grattage : non

Humeur : fière

Comprendre

Lundi c’est psy !

Bilan d’une semaine d’arrêt.

Le psy dit qu’une semaine c’est trop court.

M’arrêter plus longtemps : j’suis pas prête. C’est un truc que j’ai jamais fait , un truc que je ne suis pas capable de m’autoriser.

Et qu’est ce que j’en ai fait de cette semaine ?

Beaucoup moins que ce que j’aurais voulu.

Dormi !

C’est bien.

Couchée tard … très tard …

Ah oui ?

Et qu’est-ce que …. et pourquoi ?

Je le sais parce que je me suis déjà posée la question, il y a longtemps.

Parce que la nuit est le seul moment où je me sens libre de faire ce qui me plaît sans que cette petite voix ne vienne m’enquiquiner avec ses … regarde tout ce que t’as pas fait … regarde tout ce que tu devais faire …

On en revient à cette satanée culpabilité.

La solution ?

M’autoriser cette même liberté en journée.

J’ai compris. Je sais.

J’y arrive pas.

Comprendre ne suffit pas. Le psy m’explique qu’il faut le ressentir dans ses tripes.

Cette semaine j’ai été capable de faire plus confiance à mon fils, à le lâcher. Faire ses devoirs seul. Le laisser seul dans le vestiaire du judo. Rentrer seul de l’école. Arrêter de toujours avoir peur, de toujours tout contrôler, surveiller.

La psy conclut la séance en me disant : et si vous faisiez confiance à votre peau comme vous avez fait confiance à votre fils ? Laissez la cicatriser toute seule.

Oui … j’essaie.

Je rentre chez moi en pensant à cette croûte qui recouvre cette plaie qui peine tant à cicatriser. Intérieurement, je m’adresse à ma peau : allez … vas-y … tu vas y arriver.

lampion

Jour 68 : plus loin que comprendre

Grattage : non

Humeur : sereine

L’orage

je l’ai longtemps guetté

il est arrivé

d’un coup

fort

avec des grêlons même

juste quand j’allais partir

tant pis

j’irai demain

peut être

cueillir ces belles ombelles

fleur de sureau

Jour 66 : comme en été

Grattage : non

Plaie : pas encore nickel (nom de nom que cette zone est … merdique !)

Visage : de mieux en mieux même si j’ai encore des marques un peu partout

Par envie

Hier, je vous parlais de culpabilité. Cette terrible culpabilité quand on a fait un truc qu’on n’aurait pas dû faire. En vérité je n’ai pas trop de problème avec ce genre de culpabilité. Simplement parce que je ne fais que très rarement des choses que je dois regretter ensuite. Normal, j’suis une fille pleine de sagesse et qui réfléchit avant d’agir. Heu … de quoi ? Grattage ? Visage ? Ah … heu …  bon OK … je fais peut être des bêtises quand-même … parfois. Mais bon … sans ironie … en général j’assume assez bien ce que je fais. Mon vrai problème serait plutôt d’arriver à assumer ce que je ne fais … pas. Ma plaie … c’est cette terrible culpabilité qui s’accroche à mes épaules quand je reste les bras ballants face aux milles corvées qui m’assiègent. J’ai beau me dire : ça sert à rien de culpabiliser. Si tu décides de rien faire, profite z’en, au moins ! Mais non, stupidement, je culpabilise et résultat : rien n’avance et je me sens mal. C’est nul.

J’ y travaille, j’y travaille.

J’ai ma petite liste de mots magiques bien sympas et qui aident.

zut

stop

j’arrête

pause

Ben en fait … y’en a pas cinquante mais c’est un bon début.

J’aimerais arriver à mieux accepter de parfois ne pas faire ce qui attend d’être fait.

remplacer les

il faut

par des

j’ai envie

Ce soir … mon grizzli et moi avons débarrassé la table, balancé la vaisselle au lave-vaisselle et ensuite marre, on a tout laissé en plan : les miettes, les épluchures, les emballages … C’était pas jojo mais on en avait marre tous les deux.

Et plus tard … je suis repassée dans la cuisine. J’ai repensé à mon grizzli qui s’est levé tôt toute la semaine alors que je faisais la grasse matinée et qui demain matin … rebelotte … se lèvera quand je dormirai encore. Alors j’ai eu envie … que demain matin … en arrivant dans la cuisine … il ne retrouve pas tout ce capharnaüm. J’ai allumé la radio … j’ai retroussé mes manches … et tranquillement … j’ai nettoyé tout ça.

Voilà !

C’est ça !

Je veux retrouver l’envie. Envie de faire plaisir, de se faire plaisir. Envie de prendre soin des autres, soin de soi, soin des choses.

Oublier une fois pour toute cette culpabilité qui paralyse plus qu’elle ne mobilise.

Retrouver l’envie de faire.

plaisir

Jour 65 : envie d’avoir envie

Grattage : non

Plaie : en bonne voie ( j’y crois ! j’y crois ! cette fois, ça va cicatriser jusqu’au bout ! )

Visage : en bonne voie aussi

Humeur : positive

Je culpabilise

Culpabiliser … certainement une facette de ce perfectionnisme qui nous pourrit la vie. Nous : les filles surtout, à toujours vouloir être parfaites.

Je culpabilise parce que …

… je suis chez moi au lieu d’être au boulot

… je me lève à midi

… mon bureau est dans le même état qu’il y a trois jours

… la maison aussi

Et mon homme qui pense que l’arrêt de travail de sa petite chérie va en faire une petite fée du logis : t’aurais au moins pu … et bla bli et bla bla

Hé ! T’es au courant qu’un arrêt de travail c’est pas fait pour se mettre à jour dans le repassage ?!

Bon OK ; je dis n’importe quoi, vu qu’il n’y a jamais eu l’ombre d’un fer à repasser dans cette maison. Mais bon, vous voyez ce que je veux dire. Si ça vous intéresse, j’ai quelques astuces pour pas passer sa vie à s’occuper du linge. Indispensable quand on a trois hommes à la maison ; dont un qui prend son tee shirt pour un bavoir, un qui note le menu sur sa chemise et le troisième qui adore faire des pâtés de boue dans le potager.

Je lisais un article hier, sur la dermatillomanie et comment s’en sortir. J’ai retenu quelques idées intéressantes.

les rechutes sont normales

il faut essayer de « profiter » de ces rechutes pour comprendre quels sont les éléments déclencheurs

et

très important

justement ( c’est le sujet du jour )

ne pas culpabiliser

accepter d’avoir failli

plutôt que de se sentir mal, faible, honteux

sentiments négatifs qui ne font qu’aggraver la situation

et ne pas

non plus

chercher à se justifier

fleur sauvage

Jour 64 : arrêter de culpabiliser

Grattage : non

Plaie : ça grattouille – ça travaille – ça cicatrise  (pour de bon cette fois, j’espère !)

Visage : presque plus de croûtes

Miroir : vérifié l’état de ma plaie ( quand ça grattouille, je vérifie que tout va bien ) – regardé mon visage avec indulgence – pas scruté ni cherché les imperfections

Humeur : rêveuse

Dormir

Dormir est essentiel pour avoir bonne mine, une belle peau et bien sûr aussi pour cicatriser. Des études ont démontré que le manque de sommeil se traduisait par plus d’imperfections. On s’en serait douté.

Je ne dors pas assez. J’aime tellement traîner la nuit. Mauvaise habitude dont j’ai bien du mal à me défaire. Quand je peux, je fais la grasse mat’ ou une sieste.

Là, je profite de ma semaine d’arrêt pour dormir tout mon saoul et ça fait un bien fou ! Je suis plus zen. Je vois la vie en rose. Et … et nom de nom … ma plaie qui se trainait depuis trois semaines cicatrise à vue d’œil !

nuit-salle-bains (1)

Jour 63 : dormir pour guérir

Grattage : petits grattouillages / peaux mortes / petites croûtes

Humeur : optimiste