Réflexion

Journée sereine. Plus d’inquiétude : ma plaie a pris le chemin de la guérison. Je vois la croûte qui évolue tranquillement, toujours aussi moche. Je vois les bords qui commencent à se décoller (très très bon signe) mais interdiction absolue de tirer dessus.

J’ai pas mal lu les témoignages de Pom27 sur son blog peauwer. Je me retrouve souvent dans ses récits. De retrouver des sentiments vécus … écrits là … par une autre … ça fait réfléchir, parfois sourire. Ainsi donc, je ne suis pas la seule à avoir un jour prétendu au titre de croûte vivante ? Tant qu’il y a de la vie, y’a de l’espoir, c’est pas ça qu’on dit dans ces cas là ? Tu parles, dans ces cas là, c’est plutôt le total désespoir. Bref. Je lis, je réfléchis.

Cela fait maintenant … 23 jours que j’ai compris et surtout admis que je souffrais de dermatillomanie. Oui, parce qu’avant je me disais. Oui, c’est vrai, je touche parfois à mes boutons. Tout le monde fait ça, non ? Et là, mon chéri : nan ! Moi j’y touche pas. Oui, môssieur est cap de garder un bouton, même blanc, au milieu de son front sans y toucher. Je crois qu’il n’en a même pas envie, d’y toucher. Mais bon, quand môssieur à un bouton bien mûr, je le convoque dans la salle de bains, avec dans une main une boîte de mouchoirs et dans l’autre le flacon de désinfectant, pour éradiquer la bestiole. En général, ça se passe bien, vu que lui, je ne l’opère que sur des boutons en fin de vie. Si la bestiole résiste et que j’insiste ; monsieur hurle de douleur alors que j’appuie de toutes mes forces je le touche à peine et me traite de sadique : ah mais en fait, ça te plaît, de me faire mal ! Ah, les hommes, quelles chochottes.

J’avais beau avoir découvert sur internet le concept de dermatillomanie … non … ça … c’était pas moi. Que je croyais ! Ben oui, je gratterais pas, si j’avais pas de boutons ! Le problème … c’est pas moi, c’est ces satanés boutons ! Sauf que … si je grattais pas : des boutons … j’en n’aurais pas … ou presque rien. Rien en tous cas, en regard des plaies que je me suis infligées ces dernières années, les trois dernières étant les pires.

Après une année de galère, de souffrance et d’angoisse (et cette plaie qui ne guérit pas … c’est quand-même pas un cancer ?) à me battre pour trouver de l’aide et enfin … enfin … rencontrer le dermato qui a su, sans me juger, m’ouvrir les yeux  : j’ai compris et ça a été une claque, mais aussi un soulagement : je souffre de dermatillomanie. Donc, oui : c’est bel est bien moi le problème.

Alors voilà : j’ai compris. Maintenant que je sais quel est mon problème, reste plus qu’à s’en débarrasser. Arrêter de toucher à mon visage. Laisser les imperfections tranquilles. Ça a l’air simple, dit comme ça. Heureusement, le dermato m’a prévenue : vous avez une maladie grave. Purée … il m’a regardée comme s’il m’annonçait que j’avais un cancer. Gloops. Et … c’est … très … très difficile de s’en sortir. Cherchez de l’aide. Très peu s’en sortent sans aide. Et ces rares personnes peuvent être particulièrement fières. Son petit discours m’a fait un bien fou et je suis sortie de chez lui déterminée à m’en sortir.

Depuis ce rendez-vous, j’ai eu quelques petites victoires : une petite plaie que j’ai su laisser guérir gentiment sous sa croûte sans m’énerver dessus. Ensuite, un bouton planqué en profondeur que j’ai réussi à ne pas toucher (c’est les pires : ceux qui sont en profondeur). Et puis une première rechute, qui s’est faite sur trois jours avec au final une plaie qui a bien failli s’infecter. Je suis en train d’en sortir : tout ça guérit bien et je ne touche presque plus mon visage depuis quelques jours. Mais me voilà prévenue … j’étais hyper motivée et … j’ai fait une rechute au jour 14.  Entre-temps, j’ai trouvé un bon psy (mon généraliste en qui j’ai toute confiance m’en a dit du bien) : je le vois dans 10 jours. Une rechute … ça rend humble … et ça fait réfléchir.

Il y a un truc qui me turlupine. C’est toujours quand ma peau commence à aller mieux que je retombe dans mes travers. Et comme là, je sais que dans quelques jours, j’aurais retrouvé figure humaine … je crains de déconner à nouveau. Et je n’en ai pas envie. Alors j’essaie de comprendre pourquoi je dérape. Et ce soir, après un journée sereine, alors que la maison est calme je l’ai sentie … cette espèce d’angoisse … oh pas grand chose … à peine une ombre qui passe, insaisissable. Et si … et si … d’attaquer ainsi mon visage était un moyen pour moi de … calmer cette angoisse ? Est-ce que j’essaie de masquer une douleur invisible par une douleur plus forte, visible ? Oui, j’ai un tempérament anxieux. Ça je l’ai toujours su : émotive, sensible, anxieuse mais aussi optimiste, volontaire et plutôt joyeuse. Mon homme m’a toujours dit : j’ai toujours apprécié ta capacité à t’enthousiasmer et à être joyeuse.

Bon … je vais arrêter de blablater et de me regarder le nombril. Eh mais si … c’est peut être une bonne idée ça : me regarder le nombril au lieu d’aller scruter ma peau dans le miroir 😉

Jour 23 : premier bilan au sortir d’une première rechute

Grattage : aucun

Humeur : sereine … pensive

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3 réflexions sur “Réflexion

  1. coucou es-tu au courant qu’il y a des groupes sur notre problème sur Facebook?
    Blog très bien on voit ton combat au jour le jour et c’est super car c’est un combat quotidien!!
    Perso je suis dermatillomane mais je touche très rarement mon visage à part si un ou des boutons se pointent, par contre les bras et les jambes sont un terrain propice à l’inspection automatique alors je mets pantalons et manches longues car mes jambes sont dévastées de cicatrices :/ :/ et mes bras ne sont pas terribles non plus
    Je pense que je ne mettrais plus jamais de shorts ni de jupes en printemps/été de ma vie, par contre en hiver avec les collants ça passe 😉 ou alors des robes/jupes loooongues lol
    J’ai commencé à toucher le maillot aussi avec les poils incarnés à cet endroit ça n’aide pas mais je me dis que je ne veux pas de cicatrices à cet endroit alors j’essaie d’arrêter d’y toucher
    Un long chemin nous attend et on peut gagner ce combat j’en suis sûre!

    Aimé par 1 personne

    1. Oui : j’ai trouvé trois pages facebook sur la dermatillomanie. Je n’ai pas osé y mettre de commentaire, car je tiens à mon anonymat et le monde est parfois petit. Je voulais créer un compte bis qui serait anonyme mais maintenant il faut donner un numéro de téléphone pour créer un compte … facebook abuse ( vaste débat ).

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    2. P.S. à parler de facebook, j’en ai oublié de te remercier pour ton commentaire très sympa : merci ! C’est étrange comme certaines attaquent le visage : partie la plus exposée socialement et d’autres uniquement des parties du corps que l’on peut cacher.
      Oui ! On peut s’en sortir. D’autres y sont arrivées. Bon courage ! Biz !

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